Vos Voix

A l’heure des élections et à deux mois de mon retour en France, je m’interroge sur le pays que je retrouverai, d’autant plus que je ramène quelqu’un (et un chat) avec moi.

Je voulais prouver que nous valons mieux qu’un clivage caricatural, et c’est pour cette raison que j’ai fait appel à vos contributions pour répondre, à votre manière, à trois questions:

Quel choix ou non-choix ferez-vous ce dimanche, pourquoi? Quelle opinion avez-vous d’Emmanuel Macron? Quel message, quelle empathie destinez-vous à ceux qui emprunteront une voie différente de la vôtre?

Bulletin vote

J’espère que vous aurez autant de plaisir à lire vos différents points de vue que moi. Merci à tous. N’hésitez pas à me contacter si vous souhaitez vous entretenir ensemble!

Colombe, 26 ans

“Je voterai contre MLP, je mettrai donc dans l’urne un bulletin Macron. Pour autant je ne vote pas pour Macron… A mon avis, c’est un réel produit marketing, du blabla, de la poudre aux yeux, un pseudo renouveau qui n’existe que parce que ce qu’on nous propose ailleurs est insatisfaisant. Autant MLP que Macron sont des opportunistes et exploitent la situation pour tirer la couette de leur côté.

MLP profite d’un contexte économique et sécuritaire critique pour faire peur et attirer les votes vers sa politique extrémiste, et Macron profite de magouilles politiques pour se poser en tant que sauveur et seul honnête homme. Mais tout de même… Beaucoup ont oublié la violence du FN… Je préfère me battre pendant 4 ans contre les idées de Macron, que de me battre pendant 5 ans contre les idées de MLP.

Je comprends les abstentionnistes et “blanc-voteurs”, le problème n’est pas de cogner dans le vide ( parce que c’est l’effet que ça aura), le problème c’est la non-comptabilisation des votes blancs, ils doivent être pris en compte, ils doivent dire quelque chose, nous devons repenser le système pour écouter réellement la voix du peuple… Parce que quoi qu’il arrive, ni MLP, ni Macron ne représenteront la majorité.

Si le FN passe, cela voudra simplement dire que le pays l’a choisi, que la France accueille le FN comme un parti crédible à la présidence de la République… C’est le concept de la démocratie, c’est le jeu ma pauvre Lucette… Si le FN existe c’est qu’il représente une partie de la population, donc le dénigrer, c’est dénigrer un quart de la population française.

Je me plierai au choix de la majorité mais que cela me ferait mal de voir le parti de la haine, de la négation, du complot et du populisme arriver au pouvoir… Je reste optimiste en me disant que les legislatives équilibreront la balance et qu’il n’y a qu’à voir Trump se prendre des portes pour espérer que Marine s’en prendra aussi. J’ai peur que les Hommes se détestent plus et se tolèrent moins.

Mon message à tous, c’est votez ce qui vous chante, soyez en accord avec vos convictions et ce que vous voulez pour le pays, le résultat sera le simple reflet du peuple Français en 2017 et de son système. Je sais que de toute façon je ne serai pas représentée. Mais réfléchissez bien (puisqu’on en est là): contre quelles idées voulez-vous vous battre pendant 5 ans? ”

Adeline, artiste et mère de cinq enfants

“Jamais je ne voterai pour un parti extrémiste, même s’il prend un voile de justicier. Les extrêmes sont par définition intolérants et donc prêts à tout pour imposer leurs idées, on les reconnaît à leur manière de créer la panique et d’utiliser au maximum les moyens médiatiques en répandant des slogans et des promesses, tout en dénigrant systématiquement leurs opposants. Même et surtout leurs alliés d’hier.

Macron fait preuve de sang-froid et d’élégance de style : malgré son jeune âge, il ne cherche pas à faire de jeunisme et à céder à la facilité. Son parcours atypique est assez complet : formation littéraire qui donne du recul, expérience dans la Fonction Publique, certes, mais aussi dans le privé et à l’étranger, ce qui donne une vision du monde plus ouverte et actuelle. Son assimilation pure et simple à la “Finance” néglige ces aspects variés.

Il est important que la majorité pour Macron soit forte pour affirmer l’attachement à la démocratie et légitimer son action, sinon il y aura encore risque d’enlisement dans des sous-entendus.

Le choix de l’abstention ou du vote blanc dérivant de slogans tels que : “On a le choix entre la peste et le choléra”, est le résultat d’un brouillage de la pensée par l’irrationnel, technique de base des extrémistes. Le “tout vaut mieux que…” a précipité l’Allemagne dans les bras de Hitler en 1933, et tous les fascismes se sont imposés de cette manière, ceux qui les ont portés au pouvoir pensant que ce serait une solution provisoire et qu’on s’en débarrasserait facilement : on connaît la suite. Par ailleurs, la vision franco-francaise de l’économie rappelle la ligne Maginot de 1939, qui était réputée infranchissable, et qui a finalement été emportée en quinze jours : comment croire que nous allons dicter nos conditions au reste du monde : on dirait Abraracourcix conduisant ses vaillants villageois à la conquête du monde romain !

La vision imaginaire d’un monde parfaitement juste, fantasmé à partir d’un hypothétique âge d’or, résulte en grande partie d’un manque de culture historique et géographique : Marine le Pen en a fait étalage pendant le dernier débat, glissant sur de très vagues connaissances prêtes à s’effriter à la première amorce de discussion sérieuse, ce qui explique son évitement systématique d’un tel risque. Impossible également d’explorer la réalité de la plupart des pays du monde, pour remettre a leur juste place les problèmes de la société francaise : démographie, protection sociale, etc.

La France a encore beaucoup à perdre, c’est ce que l’on cherche à nous faire oublier en cultivant l’ignorance et le ras-le-bol populaire, justifié à bien des égards, mais manipulé au profit d’une bande sans scrupules.”

Zainab, 25 ans

“Je comptais au départ m’abstenir et ne pas voter le 7 mai prochain. Nullement par fierté – mais par pur ras-le-bol de cette classe politique qui ne fait que se répéter, et ce n’est pas en changeant le nom d’un parti ou en créant un nouveau que cela va changer les choses si les personnalités et les idéologies restent les mêmes. Entendre nos médias parler d'”élections historiques” à outrance parce que la droite et la gauche ne domineraient plus, ce n’est qu’une tactique vaine pour détourner l’attention du public, c’est une sorte de “fake news” pour trouver quelque chose à dire. Dès le départ, la stratégie était de faire passer le FN au second tour, pour faire passer l’autre candidat pour quelqu’un de plus tolérant et rassembleur, et engendrer cette farce que l’on surnomme le “front républicain”.

Pourquoi à l’origine m’abstenir? Parce qu’à l’annonce des résultats le 23 avril dernier, je me suis simplement rendue compte qu’en fait, il n’y avait jamais eu de véritables élections et qu’elles nous avaient été volées dès le départ. Les véritables forces dirigeantes de cette planète (et de ce pays), c’est à dire les banques et les médias, avaient déjà décidé pour nous, et nous n’avons fait qu’agir selon leurs souhaits, après un minutieux lavage de cerveaux qui a commencé il y a déjà plusieurs mois, notamment à coups de sondages, de couverture médiatique, de discussions inutiles sur “le vote utile” (une véritable aberration dans une démocratie), etc. Parité des temps oblige, les chaînes de radio et de télé ont dû se plier aux règles, mais le traitement peu favorable voire quasiment humiliant et mensonger à l’égard de certains candidats, la quasi-absence de neutralité de la part des “journalistes” (qui en fait ne sont que des alliés du pouvoir en place), des créneaux horaires peu avantageux pour certains candidats et pas pour d’autres (…).

Je voulais m’abstenir parce que pour moi, choisir entre Le Pen et Macron revient à choisir entre Trump ou Clinton, c’est à dire entre la peste et le choléra. C’est le choix du “moins pire” alors que les deux options sont parfaitement abominables, l’une comme l’autre. C’est un faux choix qui nous est donné. Entre une femme ouvertement raciste et fasciste et un homme indirectement raciste. (…) Ce même système qui soutient Macron est tout aussi raciste que Le Pen dans son essence, il n’y a qu’à se rappeler de toutes les affaires que l’on a eues ces dernières années qui visaient ostensiblement la population musulmane de France – et qui pourtant n’ont jamais été initiées par des personnes d’extrême droite mais bien par des politiciens de droite et de gauche (que ce soit sur le port du voile, la viande halal, le burkini, et autres).

Je comptais m’abstenir parce que les votes blancs ne sont pas comptabilisés dans ce pays (une autre aberration de cette “démocratie”) et il vaut mieux donc peser sur l’abstention pour pouvoir se faire plus ou moins entendre au lieu de faire un vote blanc qui passera aux oubliettes.

Après une longue réflexion, je me forcerai à voter pour Macron, même si cela me dégoûte au plus haut point, uniquement pour ne pas laisser MPL et sa clique de fascistes accéder au pouvoir. Car Macron est peut-être au final “moins pire” qu’une femme ouvertement raciste et xénophobe, sous laquelle les discriminations et l’agressivité vont se banaliser encore davantage, et ce sont bel et bien les minorités qui en souffriront le plus.

Par ailleurs, même si Macron est d’un vide intersidéral, c’est au moins un bon perroquet qui répète les consignes que lui donnent ses mentors et notamment Jacques Attali. Alors que MPL ne maîtrise véritablement aucun sujet et que les gens qui l’entourent dans son parti sont tout aussi inexpérimentés et ignorants qu’elle, et ne savent que faire du populisme malsain.

J’ai récemment entendu MLP dire qu’elle était contre le port du voile dans le cadre professionnel, et cela a personnellement fini de me convaincre qu’il ne faut pas la laisser passer et que ce serait sans doute égoïste de s’abstenir, de voter blanc ou de rester dans la passivité. Parce que cela condamne purement et simplement des milliers d’autres femmes françaises de naissance, à mon image, à ne pas pouvoir travailler dans ce pays – qui est bien le mien – à cause d’un vulgaire tissu sur la tête.”

Anonyme

“Je réponds à ton appel à contribution en tant qu’abstentionniste forcée : n’étant pas de nationalité française, je n’ai pas le droit de vote en France.

J’aurais voté Macron parce que, même si certaines des valeurs qu’il défend ne sont pas les miennes, je pense qu’il défend un système qui permet toujours de s’opposer de l’intérieur. Au vu des violences policières actuelles, avec une bonne partie de nos forces de police déjà convaincues que MLP gagnera, et que ça leur donnera la permission de mattraquer à tout va (cf vidéos des manifs du 1e mai qui circulent sur Fb et ne sont bizarrement pas reprises par les médias) je ne pense pas qu’on pourra s’opposer de l’intérieur une fois qu’elle sera élue.

D’où mon incompréhension des abstentionnistes, surtout ceux qui disent que “le combat, ce sera après l’élection”, “le combat, ce sera pendant les législatives”. Certes, il y aura un peu de combat, mais j’ai l’impression (et c’est peut-être là-dessus que je me trompe) que la plupart des abstentionnistes convaincus ne sont pas ceux qui souffriront le plus sous un régime FN. (…)

Je pense qu’on peut voir les limites de la mondialisation et du libéralisme économique, mais ne pas oublier que c’est ce système qui assure notre train de vie, voir qu’on a chacun et chacune un portable chinois dans la poche et que si on vit bien (ne serait-ce qu’en termes de besoins de base assurés), c’est aussi parce qu’on fait fonctionner ce système, chacun d’entre nous.

Dans ce cas, à mon sens, soit on s’oppose effectivement et de manière radicale dans son mode de vie à cette “horrible mondialisation”, en consommant autrement, en travaillant autrement, en s’engageant, en vivant autrement et en étant prêt.e à faire de vraies concessions si la mondialisation prenait fin. Je peux comprendre l’abstentionnisme de la part d’une personne qui s’engage de cette façon.

Ou alors (et c’est ma position), on est un peu honnête et on assume le fait qu’on est un peu complices de ce système (parce qu’on ne peut pas totalement y échapper ET qu’on en bénéficie). Et dans ce cas, je ne comprends pas en quoi c’est une chose aussi insurmontable de voter Macron pour éviter Le Pen, tout en s’engageant à s’opposer de l’intérieur pour construire un système plus juste (ce qui passe aussi et surtout par notre consommation et pas seulement par notre vote).
Le changement de système ne pourra pas arriver miraculeusement par le vote, par un nouveau président tout-puissant. Si l’on ne crée pas nous-mêmes les conditions de ce changement, on se retrouvera encore dans 5 ans à dire que tel ou tel candidat a échoué.”

Perrine, musicienne, pas Macroniste pour un sou mais décidée à voter Macron le 7 mai

“Un gouvernement Le Pen ouvre la perspective de points de non-retour au potentiel catastrophique, et il me semble dangereux de surestimer la puissance économique et politique de la France, sa stabilité et son intouchabilité.

Démocratie et libertés citoyennes 
Il ne faut pas croire que tous les maux se valent : seule une population n’ayant jamais connu l’oppression peut volontairement s’exposer au danger d’une postdémocratie autoritaire.

Des populations risquent leurs vies pour obtenir une liberté et des droits que nous prenons pour acquis… Notre pays n’est pas parfait, mais ça ne veut pas dire qu’il faut y mettre le feu. Il y a les idées, et puis il y a les victimes réelles. Une loi néfaste peut être abrogée par le gouvernement suivant. Mais certains processus et certaines violences sont irréversibles. Un sursis de 5 ans peut permettre à la gauche de présenter un front solide en 2022.

Culture, diversité et liberté d’expression
Le FN compte parmi ses cibles les journalistes, les artistes, la liberté d’expression. Et que dire des immigrés, des minorités ethniques, des populations LGBTQ+ et des droits des femmes?
Économie 
Le repli sur soi, en plus d’entraîner une perte de mobilité, fera des victimes économiques qui s’ajouteront aux cibles évidentes du FN. (Appauvrissement général du pays, ruine des petits épargnants, fuite des capitaux et des cerveaux, représailles de la communauté internationale…).

Si Frexit il y a, la stabilité économique de l’Europe étant affectée, on peut s’attendre à ce que sa stabilité politique suive et qu’émergent des conflits à l’échelle difficilement prévisible. Ça n’arrive pas qu’aux autres…

Et puis quand même… Sommes-nous prêts à laisser la France devenir un pays d’extrême-droite, finalisant la banalisation de cette rhétorique puante ?

Aux absentionnistes et blanc-voteurs

Je suis aussi dégoûtée de ce sytème qui truque les dés, du jeu trouble des médias, du show électoral calculé. Nous sommes face à la nécessité d’opérer des changements de société -de civilisation- fondamentaux, face à l’échec d’un système qui épuise la planète et ses habitants. Et force est de constater que la classe politique n’est pas à la hauteur, et que tout est fait pour entretenir le déni généralisé. Mais je crois quand même fermement que tous les maux ne se valent pas! Certaines propositions sont plus dangereuses et plus irréversibles que d’autres. Et au-delà des programmes, il s’agit de banaliser la haine, de galvaniser les racistes et les intolérants, de se laver les mains du destin de leurs boucs émissaires.

La trop grande certitude d’une victoire de Macron peut être dangereuse… Il suffit d’une seule voix ! Le jour même du référendum, le Brexit était encore annoncé comme impossible. Et qu’au-delà de la question de la victoire en 2017, plus le FN fera un score fort cette année, plus son poids politique sera grand dans les années qui viennent et plus il sera prêt à passer à la charge en 2022.”

Manu, 52 ans, travailleur indépendant

Au temps d’Adam Smith, le postulat était : « la somme des intérêts particuliers va dans le sens de l’intérêt général ». Et jusqu’à il y a 30 / 40 ans, bon an, mal an, c’était sans doute plutôt vrai.

Aujourd’hui, la problématique planétaire, dans un monde infiniment complexe et qui évolue à une vitesse que la plupart d’entre nous ne sont pas capables d’intégrer est : « la somme des intérêts individuels va dans le sens contraire de l’intérêt général ». Chacun voudrait que ses conditions de vie propres aillent en s’améliorant, en omettant d’admettre que cela a forcément une contre-partie.

Exemple :
« Moi consommateur » défend son pouvoir d’achat en cherchant les prix bas. Ainsi, « Moi consommateur » accepte de tirer vers le bas les coûts, dont les salaires à différents stades du cycle économique d’un produit, sont une composante principale (donc « Moi consommateur » prône le salaire bas de « Autre salarié »).
« Moi salarié » désirerait un salaire plus élevé pour obtenir un plus large spectre de consommation.
« Moi épargnant » voudrait que mes placements me rapportent plus pour « les jours difficiles » ou ma retraite. Ce qui signifie que, sans le dire, je voudrais que mes portefeuilles d’épargne privilégient la valeur de l’action et la distribution de dividendes… au détriment d’augmentations de salaire des employés de ces compagnies.
« Moi assuré social » voudrait que les remboursements de soins santé s’approchent des 100 % parce que la santé n’a pas de prix ; « Moi assuré social » voudrait avoir une retraite confortable, et l’avoir assez tôt pour en profiter de longues années.
« Moi cotisant social » n’en peut plus de payer des charges en constante augmentation (ce dont je me rends plus compte comme travailleur indépendant que comme salarié).
« Moi citoyen » veut des services publics performants, une politique sécuritaire efficace.
« Moi contribuable » en a assez d’une fiscalité que l’on ressent souvent comme confiscatoire »
« Moi qui pense à la génération suivante », j’aimerai que les déficits s’amenuisent »
« Moi salarié ou artisan qui ressent une concurrence que je juge déloyale via internet » (taxis, libraires, hôtels…) voudrait interrompre ce processus.
« Moi, acteur d’une web-économie en expansion » ne supporte pas qu’on lui entrave son potentiel de croissance.

… etc. etc…

« MOI, ELECTEUR DE MARINE LE PEN » croit, ou fait semblant de croire qu’on satisfera tous ces « MOI ». Parce qu’il est plus facile de dire « je veux » que d’être réellement responsable et citoyen acteur.

Il n’y a pas d’homme « présidentiel-providentiel » idéal. Ou plutôt, il y en a 45 millions… imaginaires… un différent par électeur.
Il y aura toujours des choses dans les programmes ou les personnalités des candidats qui nous révolteront ou nous révulseront.
Aucun ne sera en mesure de réaliser ce qui me semblera idéal à « MOI ».

Le monde s’améliorera au rythme des « colibris ». C’est chacun, par son humanisme, par ses actes réfléchis et vertueux, par sa conscience de faire partie d’un « tout » qui pourra, à petits pas, contribuer à faire progresser notre monde.
Le bon programme d’un candidat serait celui qui encouragerait, qui récompenserait les comportements vertueux.
Une idée : si tous les produits de consommation étaient étiquetés « rouge », « orange » ou « vert » selon l’éthique sociale et environnementale qui le caractériserait de sa conception à sa distribution , le « Moi consommateur » deviendrait responsable et pourrait influer positivement sur le salaire de « autre moi salarié ».

Emmanuel Macron n’est sûrement pas le parangon de vertu qu’il cherche à montrer, ce n’est sûrement pas la caricature de banquier qui ne gouvernera que dans l’intérêt du CAC 40.
Comme tous ces prédécesseurs, il cherchera à trouver le meilleur compromis possible… qui ne conviendra à personne…
Saura-t-il être plus habile ? Quand il dit qu’à « montant de  cotisations retraite égale et à espérance de vie égale, un euro cotisé doit donner les mêmes droits à chaque citoyen », il est quand même plus malin, dans sa formulation, que ceux qui promettaient de « s’attaquer aux régimes spéciaux »…
Et c’est sans doute, celui, de tous les candidats qui a la vision la plus (tristement?) réaliste du monde tel qu’il est .

S’il y avait eu concomitamment Bernie Sanders à la place de Trump, Martin Shulz, à la place de Merkel, le tempo de l’Histoire aurait sans doute été du côté de Mélenchon qui, dans l’absolu, était sans doute le candidat du plus « Vrai ». Dans le contexte qui est le nôtre, je pense que ses utopies risquaient de se fracasser, non sans dommages…
Dans l’arborescence des multiples possibles, nul ne peut prétendre connaître l’enchaînement des innombrables couples « causes/conséquence ».
Un peu d’humilité : à chacun, je dis « ils croient qu’ils savent, ils ne savent pas qu’ils croient… »

I have a dream…
Imaginez, nous sommes tous ensemble en train de dialoguer dans une pièce… et…

… C’est au milieu d’un aréopage plongé dans un « silenssodrôme » qui s’est mué en « songeodrôme » que la porte s’ouvre brutalement.
Trump.
Précédé du tintinnabulement des grelots de la perfidie, Donald J Trump s’avance tendant une main aussi engageante que du papier hygiénique oblitéré.
Notre assemblée se conjugue alors en une entité télépathique équanime qui téléguide nos actes sur-le-champ…
Afin d’alléger le poids supporté par l’humanité, Trump cacochyme sitôt rentré, Trump fétide sitôt pendu, au lustre. Lui, le murophile idolâtre, idiocrate hirsute embrasse alors son destin en toute verticalité. Rassurons-nous, tout ceci est réalisé avec délicatesse, dans le plus pur respect des droits de l’homme, car le mauvais goût n’a pas sa place ici.
Chacun pensait que de sa tignasse pelote de haine jaunasse pissasse s’évaporerait une poudre d’âme marmoréenne qui marmonnerait une once de regret. Même pas. Ne s’échappe de sa dépouille pouilleuse qu’une poudre de plomb coupée de ciment.
Ayant œuvré pour le bien-être de l’humanité, nous nous congratulons, la carcasse chosifiée du psychopathe au dithyrambisme strabique et alambiqué ayant enfin acquis le statut de souvenir…

Dans le fond et la forme, j’ai peut-être un petit peu exagéré, mais il faut savoir se faire plaisir, non ?

Anonyme, 25 ans

Dimanche prochain, je voterai contre Marine Le Pen en donnant ma voix à Emmanuel Macron.

Pourquoi voter contre MLP?
La candidate du FN constitue pour moi un danger considérable pour l’avenir de notre pays. Tout d’abord, un quinquennat FN irait de pair avec une restriction massive de nos libertés: droit de manifester, liberté d’association, droit à l’information… Le projet de barricader nos frontières ne peut qu’effrayer la génération Erasmus, comptant des amis internationaux aux quatre coins du monde. Ensuite, le programme de MLP comporte des énormités morales autant qu’économiques. Le projet de revenir au franc, de sortir de l’UE, de relocaliser les entreprises peut sembler séduisant mais relève d’une vision du monde complètement déconnectée des réalités, comme si la France pouvait peser seule face aux géants chinois et américain sur la scène internationale. Enfin, le projet de MLP est fondé sur un socle de haine et de préjugés. Dans un contexte mondial déjà extrêmement tendu, élire cette candidate revient à envoyer au monde un message de violence et de rejet qui redoublerait les tensions et pourrait avoir des conséquences dramatiques.
Mon opinion de Macron
Je n’adhère pas au projet politique d’Emmanuel Macron. Derrière une façade de nouveauté et de rupture, En Marche! constitue un mouvement ancré dans le “business-as-usual”, où les questions sociales et environnementales n’ont pas la place que les enjeux actuels exigent. Quelle aberration en 2017 de voir l’écologie absente d’un programme politique!!!
Pourtant, je voterai pour Emmanuel Macron dimanche, avec l’espoir que son quinquennat sera au moins propice aux innovations et à l’entreprenariat. Sans compter que les législatives laissent l’espoir de pouvoir influer sur la couleur de son gouvernement.
Mon message aux Insoumis
Mettre les deux candidats sur le même plan derrière le slogan “la peste et le choléra” contribue à dédiaboliser le FN alors que l’histoire nous a montré ce dont sont capables les régimes d’extrême droite. Certes, le néolibéralisme à la Macron contribue sur le long terme à nourrir les extrêmes et à essoufler la planète, mais sur le court terme, notre marge de manoeuvre est extrêmement restreinte. Nous sommes tous parties prenantes du système et j’espère seulement que les réflexions nées de cette élection redoubleront, que les citoyens, prenant conscience de la valeur de leurs droits, continueront à se mobiliser, à s’impliquer, à inventer pour préparer le changement. Un gouvernement Macron laissera au moins cette possibilité là.

Jean-Marie

Il n’est pas question pour moi de m’abstenir ou de voter blanc, ce sera Macron (sans enthousiasme mais sans détestation non plus).

Cependant, au risque de passer pour politiquement incorrect, j’avoue que  nous ne sommes pas passés très loin d’un scénario, un seul, dans lequel  j’aurais voté blanc: le scénario d’un deuxième tour Mélenchon – Le Pen.

Oui, j’entends les cris d’horreur ! Serais-je assez fou pour considérer les deux comme équivalents ? Évidemment non, et d’ailleurs s’il ne s’agissait que de personnes et d’idées je me sentirais indiscutablement plus proche de Mélenchon. Ce serait justement pour des raisons en rapport direct avec celles qui font qu’une grande partie de l’électorat de Mélenchon veut s’abstenir, sans parler de la minorité de ceux qui, ayant voté Mélenchon au premier tour, voteront Le Pen sans hésiter. Car derrière tout cela, contrairement à ce qu’on pourrait croire, il y a une logique inconsciente mais profonde et réelle.

Le seul fait d’utiliser le mot-clé “insoumis” (parmi des milliers de possibilités) trahit d’emblée l’intention semi-consciente de mettre en avant la face négative du mouvement, c’est-à-dire le rejet, le refus, le ras-le-bol, le y-en-a-marre, le tous-pourris, plutôt que la face positive, comme si le projet ou le programme de construction d’une nouvelle société était moins important que la démolition de l’existant. Or le dégoût et le rejet radical de l’existant sont justement les ressorts communs à tous les populismes. Le moteur psycho-sociologique qui fait fait voter “insoumis” est le même que celui qui fait voter FN (à l’exception, évidemment, du noyau dur des “vrais croyants”, ceux qui choisissent le vote extrême, droite ou gauche, par conviction idéologique, et qui sont sans doute une infime minorité).

Le populisme est un marketing de valorisation politique des phénomènes populaires de rejet, et comme tout marketing il doit se diversifier pour s’adapter à la segmentation des populations cibles. Le FN a su, pendant des années, s’assurer le monopole de ce marché politique en France: il a été le premier à profiter du vide créé par l’implosion du Parti
Communiste dans les années 1980. Le génie de Mélenchon a été de créer une offre populiste alternative, susceptible d’une part de reprendre au FN une partie des votes ouvriers et d’autre part d’attirer un électorat jeune et éduqué viscéralement allergique à l’image du FN.

Donc pour moi l’abstention (voire le vote FN) d’un mélenchoniste n’est pas du tout une aberration, c’est un comportement qui découle du fondement psychologique commun aux deux “extrêmes”, aux deux variantes du populisme, c’est-à-dire le besoin primaire de “renverser la table” qui est encore plus impérieux que la volonté de construire un monde
nouveau. Le côté “monde nouveau” se décline bien sûr de manière (en apparence) diamétralement opposée entre les deux blocs populistes: côté Le Pen c’est un gloubi-boulga inconsistant de thèmes agressifs et raccoleurs, côté Mélenchon le programme est cohérent et de nature à satisfaire (par sa logique plutôt que par son réalisme) un public plus jeune et intellectuellement plus exigeant, mais les deux partagent la même caractéristique de base: tout le monde à part quelques allumés sait qu’aucun des deux n’est applicable tel quel et tout de suite dans le monde réel, quel que soit le résultat du 7 mai.

Tant que j’y suis, je vais même encore plus loin dans le blasphème. Comme l’a démontré Ernst Nolte dans “La Guerre civile européenne” (1989 – un travail aussi incontournable que celui d’Hannah Arendt pour la compréhension des ressorts du totalitarisme) les mouvements populistes révolutionnaires (sans-culottes de 1792, fascistes et marxistes-léninistes), au-delà de leurs discours qui semblent s’opposer radicalement, reposent sur une fondation commune que j’appelle “le principe de la minorité coupable”. Selon ce principe, toute la misère sociale découle d’une cause simple et unique: l’action nuisible d’une minorité d’ennemis du peuple bien identifiés contrôlant les ficelles du pouvoir. Cette minorité coupable est toujours plus ou moins soutenue par des “puissances étrangères” hostiles, parfois immatérielles et sans définition précise (ex: les “marchés financiers”). Toute la culpabilité sociale est portée par cette minorité, qu’il suffit d’éradiquer pour permettre au peuple d’accéder à une civilisation nouvelle sans conflit
ni contrainte, sans riches ni pauvres. Les différences entre factions populistes tiennent essentiellement à la désignation de la “minorité coupable” (on parle d’extrême-droite quand les critères de désignation de la cible sont ethniques, culturels ou religieux, d’extrême-gauche quand ils sont socio-économiques, et ces critères sont toujours plus ou
moins assaisonnés d’une phraséologie anti-capitaliste), mais le mécanisme psychologique est toujours le même. Le principe est très attractif car, tout comme le procédé du “bouc émissaire” dans les religions antiques, il permet d’évacuer le problème de la responsabilité collective (le peuple est toujours innocent et intelligent, s’il est en situation d’échec ou de souffrance il n’a pas à se remettre en question, il n’a jamais tort, tout est de la faute du petit groupe qui contrôle le “système”).

La logique qui fait qu’après avoir voté Mélenchon on puisse ne pas voter Macron et laisser passer Le Pen est implicite et inavouée, mais elle est profonde et vient de loin. Cette même logique a fait qu’un certain Benito Mussolini, militant socialiste italien jusqu’en 1914, a inventé le fascisme en 1921. Cette même logique a fait que, en 1931, les
dirigeants du parti communiste allemand considéraient Hitler comme moins dangereux que les socio-démocrates. C’est encore cette logique qui a mené Jacques Doriot, leader des jeunesses communistes et membre du comité central du parti communiste, à devenir le chef du Parti Populaire Français (préfiguration d’avant-guerre du FN) puis à devenir le partisan le plus actif de la collaboration avec les nazis, collaboration dans
laquelle Marcel Déat, ex-ministre socialiste du Front Populaire, a lui aussi joué un rôle sinistrement actif !!! Et pas besoin de remonter aussi loin: Mélenchon lui-même n’a-t-il pas, à un moment, proclamé son admiration pour Hugo Chavez, révolutionnaire populiste vénézuélien dont le règne (avec celui de son successeur Maduro) a finalement conduit le Vénézuéla dans une dictature corrompue dont on ne sait plus très bien s’il faut la qualifier de fasciste ou de socialiste ?

Tout ceci pour dire qu’il n’y a vraiment pas lieu de s’étonner de l’ambiguïté du comportement de JLM lui-même et d’une grande partie de ses supporters face à la montée du FN. La réponse est dans l’histoire de tous les mouvements “insoumis” ou “anti-système”. Non seulement je ne m’étonne pas, mais je suis même plutôt soulagé que, finalement, il y ait apparemment très peu de mélenchonistes qui iront jusqu’au bout de la logique populiste dure et voteront Le Pen.

Quant à la personnalité de JLM, il s’agit d’un homme de ma génération, qui a connu “mai 68” et y a même participé. Ayant connu moi-même cette époque je comprends bien qu’il en ait gardé une certaine nostalgie. Pour un politicien de 65 ans, c’est remarquable d’avoir été vu par une grande partie de la jeunesse comme un leader du renouveau, et c’était sans doute l’acteur le plus intéressant de cette campagne calamiteuse. Il a juste eu le tort de croire un peu trop à son succès et ensuite d’être un mauvais perdant. Il est heureux pour son image comme pour le pays qu’il n’ait pas gagné: son mouvement aurait été laminé aux législatives et je ne vois pas un Mélenchon cohabiter avec un premier ministre centriste. Le résultat du 23 avril lui donne l’occasion de rester un leader charismatique d’opposition au lieu de s’enliser dans le rôle d’un chef d’État en situation d’échec. Et place aux jeunes, il est grand temps de changer de génération politique, et ce n’est pas un vieux nostalgique exalté, même intelligent et cultivé, qui nous fera avancer dans le monde réel, même s’il a su nous faire rêver avec ses hologrammes…

Anonyme, auquel je donne le mot de la fin.

“Eliminé aux portes du second tour, le candidat à qui j’ai donné ma voix a respecté l’intelligence et la liberté de ses électeurs et n’a pas donné de consigne pour le second tour. En vertu de l’adage « Au premier tour on choisit, on deuxième on élimine », j’éliminerai sans hésitation Marine Le Pen, en glissant plutôt deux fois qu’une un bulletin pour Emmanuel Macron (deux fois, car je serai aussi porteur d’une procuration). Parce qu’Emmanuel Macron représente un courant de pensée qui fait de lui mon adversaire politique dans le cadre du débat républicain, mais qu’il a pour lui de ne pas être un ennemi de la République. Je ne partage pas la vision de société et les orientations politiques d’Emmanuel Macron, mais avec lui, sous la bannière « Liberté, Egalité, Fraternité »,  je pourrai exprimer mes désaccords, manifester, et débattre respectueusement de tel ou tel jugement à porter sur l’organisation du travail, sur l’ordre européen et international, sur les priorités de développement et l’harmonie de notre société.

Marine Le Pen, elle, est à mille lieux de cela. Toute dédiabolisée qu’elle soit, elle préside un parti fondé par des pétainistes et des collabos, ses meetings sont remplis d’hommes et de femmes hystérisés à l’insulte facile, et elle sert au final cette partie de son électorat qui s’époumone « On est chez nous » : ces « imbéciles heureux qui sont nés quelque part », chantés par Brassens, qui se bercent de la folle certitude qu’ils n’auront jamais à vivre le malheur de ceux qu’ils sont si prompts à accabler et à rendre responsables de tous leurs maux. Sous couvert d’aider des gens touchés par le désespoir et la colère, ses idées ne conduisent au final qu’à une chose : juger les individus, non selon ce qu’ils font mais selon qui ils sont (quel dieu prient-ils ? qui aiment-ils ? d’où viennent-ils ?). Je vote Macron pour que la tentation de la division et du repli identitaire, cette aberration de la pensée et cette manipulation des esprits, soit renvoyée, avec le score le plus haut possible, dans les bas-fonds putrides d’où elle est sortie.

Aux électeurs déçus du premier tour, je voudrais dire que la tristesse, la déception et la frustration sont des sentiments naturels. Comme toutes nos émotions, elles sont légitimes, elles nous définissent pendant un temps. Et puis, elles passeront. On peut en vouloir au « système », aux médias qui ont rapporté de manière très biaisée, incomplète ou caricaturale les propositions de tel ou tel candidat ; et qui ont fabriqué de toute pièce la candidature d’Emmanuel Macron. Mais attention, les sentiments à chaud sont mauvais conseillers quand il s’agit de faire un choix en responsabilité. L’opportunité de voter, c’est l’opportunité d’exprimer une pensée. C’est une option qui nous est donnée, en tant que citoyens et adultes responsables, de choisir entre des futurs possibles. Il faut s’imaginer chacun de ces futurs.

A titre personnel, tant que le vote blanc ne sera pas reconnu et comptabilisé, je pourrai trouver l’abstention légitime comme geste politique, comme un choix à faire en conscience, qui signifie que l’un ou l’autre candidat, c’est pareil. Vous avez bien le droit d’arriver à cette conclusion, auquel cas nous sommes en profond désaccord (mais ce n’est pas un problème : demain, on continuera à jouer, à s’aimer, à danser, à pleurer et à s’engueuler, ensemble).”

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  1. Emmanuel Zanchi says:

    Au temps d’Adam Smith, le postulat était : « la somme des intérêts particuliers va dans le sens de l’intérêt général ». Et jusqu’à il y a 30 / 40 ans, bon an, mal an, c’était sans doute plutôt vrai.

    Aujourd’hui, la problématique planétaire, dans un monde infiniment complexe et qui évolue à une vitesse que la plupart d’entre nous ne sont pas capables d’intégrer est : « la somme des intérêts individuels va dans le sens contraire de l’intérêt général ». Chacun voudrait que ses conditions de vie propres aillent en s’améliorant, en omettant d’admettre que cela a forcément une contre-partie.

    Exemple :
    « Moi consommateur » défend son pouvoir d’achat en cherchant les prix bas. Ainsi, « Moi consommateur » accepte de tirer vers le bas les coûts, dont les salaires à différents stades du cycle économique d’un produit, sont une composante principale (donc « Moi consommateur » prône le salaire bas de « Autre salarié »).
    « Moi salarié » désirerait un salaire plus élevé pour obtenir un plus large spectre de consommation.
    « Moi épargnant » voudrait que mes placements me rapportent plus pour « les jours difficiles » ou ma retraite. Ce qui signifie que, sans le dire, je voudrais que mes portefeuilles d’épargne privilégient la valeur de l’action et la distribution de dividendes… au détriment d’augmentations de salaire des employés de ces compagnies.
    « Moi assuré social » voudrait que les remboursements de soins santé s’approchent des 100 % parce que la santé n’a pas de prix ; « Moi assuré social » voudrait avoir une retraite confortable, et l’avoir assez tôt pour en profiter de longues années.
    « Moi cotisant social » n’en peut plus de payer des charges en constante augmentation (ce dont je me rends plus compte comme travailleur indépendant que comme salarié).
    « Moi citoyen » veut des services publics performants, une politique sécuritaire efficace.
    « Moi contribuable » en a assez d’une fiscalité que l’on ressent souvent comme confiscatoire »
    « Moi qui pense à la génération suivante », j’aimerai que les déficits s’amenuisent »
    « Moi salarié ou artisan qui ressent une concurrence que je juge déloyal via internet » (taxis, libraires, hôtels…) voudrait interrompre ce processus.
    « Moi, acteur d’une web-économie en expansion » ne supporte pas qu’on lui entrave son potentiel de croissance.

    … etc. etc…

    « MOI, ELECTEUR DE MARINE LE PEN » croit, ou fait semblant de croire qu’on satisfera tous ces « MOI ». Parce qu’il est plus facile de dire « je veux » que d’être réellement responsable et citoyen acteur.

    Il n’y a pas d’homme « présidentiel-providentiel » idéal. Ou plutôt, il y en a 45 millions… imaginaires… un différent par électeur.
    Il y aura toujours des choses dans les programmes ou les personnalités des candidats qui nous révolteront ou nous révulseront.
    Aucun ne sera en mesure de réaliser ce qui me semblera idéal à « MOI ».

    Le monde s’améliorera au rythme des « colibris ». C’est chacun, par son humanisme, par ses actes réfléchis et vertueux, par sa conscience de faire partie d’un « tout » qui pourra, à petits pas, contribuer à faire progresser notre monde.
    Le bon programme d’un candidat serait celui qui encouragerait, qui récompenserait les comportements vertueux.
    Une idée : si tous les produits de consommation étaient étiquetés « rouge », « orange » ou « vert » selon l’éthique sociale et environnementale qui le caractériserait de sa conception à sa distribution , le « Moi consommateur » deviendrait responsable et pourrait influer positivement sur le salaire de « autre moi salarié ».

    Emmanuel Macron n’est sûrement pas le parangon de vertu qu’il cherche à montrer, ce n’est sûrement pas la caricature de banquier qui ne gouvernera que dans l’intérêt du CAC 40.
    Comme tous ces prédécesseurs, il cherchera à trouver le meilleur compromis possible… qui ne conviendra à personne…
    Saura-t-il être plus habile ? Quand il dit qu’à « montant de  cotisations retraite égale et à espérance de vie égale, un euro cotisé doit donner les mêmes droits à chaque citoyen », il est quand même plus malin, dans sa formulation, que ceux qui promettaient de « s’attaquer aux régimes spéciaux »…
    Et c’est sans doute, celui, de tous les candidats qui a la vision la plus (tristement?) réaliste du monde tel qu’il est .

    S’il y avait eu concomitamment Bernie Sanders à la place de Trump, Martin Shulz, à la place de Merkel, le tempo de l’Histoire aurait sans doute été du côté de Mélenchon qui, dans l’absolu, était sans doute le candidat du plus « Vrai ». Dans le contexte qui est le nôtre, je pense que ses utopies risquaient de se fracasser, non sans dommages…
    Dans l’arborescence des multiples possibles, nul ne peut prétendre connaître l’enchaînement des innombrables couples « causes/conséquence ».
    Un peu d’humilité : à chacun, je dis « ils croient qu’ils savent, ils ne savent pas qu’ils croient… »

    I have a dream…
    Imaginez, nous sommes tous ensemble en train de dialoguer dans une pièce… et…

    … C’est au milieu d’un aréopage plongé dans un « silenssodrôme » qui s’est mué en « songeodrôme » que la porte s’ouvre brutalement.
    Trump.
    Précédé du tintinnabulement des grelots de la perfidie, Donald J Trump s’avance tendant une main aussi engageante que du papier hygiénique oblitéré.
    Notre assemblée se conjugue alors en une entité télépathique équanime qui téléguide nos actes sur-le-champ…
    Afin d’alléger le poids supporté par l’humanité, Trump cacochyme sitôt rentré, Trump fétide sitôt pendu, au lustre. Lui, le murophile idolâtre, idiocrate hirsute embrasse alors son destin en toute verticalité. Rassurons-nous, tout ceci est réalisé avec délicatesse, dans le plus pur respect des droits de l’homme, car le mauvais goût n’a pas sa place ici.
    Chacun pensait que de sa tignasse pelote de haine jaunasse pissasse s’évaporerait une poudre d’âme marmoréenne qui marmonnerait une once de regret. Même pas. Ne s’échappe de sa dépouille pouilleuse qu’une poudre de plomb coupée de ciment.
    Ayant œuvré pour le bien-être de l’humanité, nous nous congratulons, la carcasse chosifiée du psychopathe au dithyrambisme strabique et alambiqué ayant enfin acquis le statut de souvenir…

    Dans le fond et la forme, j’ai peut-être un petit peu exagéré, mais il faut savoir se faire plaisir, non ?;)

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